19 février 2008
J’ai presque vu des Liger.
Après un vilain rhume attrapé à Pokara et l’annonce des gentils Indiens à l’ambassade que nous devions attendre plusieurs jours avant de recevoir mon visa, Dora et moi avons donc décidé de faire des Steve Irwin de nous-mêmes et de nous lancer à la découverte des animaux de la faune népalaise.
Dora? Oui, j’ai oublié de vous la présenter. Dora, c’est l’exploratrice qui m’accompagne partout sur le sous-continent indien. Dora, c’est la backpackeuse qui amène des talons hauts à Delhi au cas où. Dora, c’est la globe-trotter qui, avant de partir en voyage, n’oublie pas de se munir d’un cadenas pour barrer son sac à dos ET d’une sac de toilette pouvant contenir une quantité plus qu’impressionnante de produits de toutes formes (dont une bouteille de shampoing qui coûte plus cher qu’une chambre dans un hôtel de Katmandou pendant une semaine). Bref, Dora, quand elle voyage, elle ne fait pas les choses à moitié.
C’est pourquoi elle m’a tiré, en sortant de l’ambassade, vers une agence de voyage. Elle voulait faire un safari. Nous avons réservé deux billets dans un tout-compris au Jungle Safari Resort de Chitwan. Paraît qu’on peut y voir des tigres.
Du plaisir, du plaisir et du plaisir.
14 h, le lendemain.On nous accueille avec le sourire avant de nous dire que le dîner allait être servi dans une demi-heure.
Entamant mon café, un Nescafé un peu pauvre, en saveur surtout, un autre gentil organisateur s’est mis en tête de me motiver à aller me promener dans le village avoisinant le Resort pour en apprendre davantage sur les mœurs des habitants de la réserve naturelle. Pas que je ne suis pas intéressé à rencontrer les Népalais. Mais je n’avais pas envie de me promener dans le village comme on peut marcher dans un zoo.
Me voilà donc marchant, aux côtés de Dora, parmi les touristes, les locals, les vaches, poules, moutons, éléphants, les caméras et les flashs dans les rues de Chitwan, alors que notre guide nous montre chacun des highlights de son village. Les villageois, eux, nous regarde d’une drôle de façon. Je ferais probablement la même chose si une gang de Chinois venaient prendre des photos de ma maison, à St-Greg.
Le royaume du tourisme à son meilleur. Chacun y va de sa plus belle perle, rejettant la bêtise humaine au plus bas niveau. D’autant plus qu’avec nous, il y avait un Polonais, les jumelles bien accrochés à son cou, chemise verte kaki, petit chapeau de toile beige, lunettes soleil, short vert foncé, bas brun dans des sandales usées : Crocodile Dundee en polonais esti. Tsé, le genre qui connaît mieux les espèces de la réserve que le guide qui y travaille. Bref, on était servi en tant que specimen de touristes et de jeux d’esprits tout aussi divertissants les uns que les autres. Les villageois, quant à eux, n’hésitent pas à participer en faisant semblant d’aller récolter un peu de mauvaise herbe pour nourrir leur mouton. Petit sourire : et voilà, une autre belle photo à montrer à papa et maman en revenant au pays. Pittoresque et pitoyable.
Moi, je me demandais un tout petit peu ce que je faisais là… et encore plus parce que j’avais payé pour y être.
Je dois avouer qu’on n’est pas resté longtemps dans le village, pas qu’il n’y a pas grand-chose à voir, mais plutôt parce que le souper était prévu à 6h.
Ce que j’aime me faire dire quand et quoi manger, vous ne pouvez pas croire.
Le lendemain, l’aventure commence pour vrai. Dora et moi avons grimpé sur un éléphant, un vrai, en souriant. Je l’ai suivi. Notre guide, tapotant le derrière des oreilles de l’énorme pachiderme, et foutant de violents coups de branche sur la tête de l’animal, nous a dirigé à travers la forêt. Cinq minutes après s’être perdu dans le feuillage, on est tombé nez à nez avec deux rhinos. Deux mètres de distance, max. Puis, on a vu des cerfs, des crocodiles, des oiseaux, des canards…
Mais pas de tigres.
J’étais un peu déçu. D’autant plus que c’est avec un gros poster de tigre qui rugit dans un jungle verdoyante que Dora m’a vendu l’idée d’aller faire un Safari.
Mais ce n’est pas grave. On a eu ben du fun pendant trois jours. On est revenu hier à Kathmandu. Juste à temps pour mon visa.
Et oui, les Indiens me permettent de retourner chez eux. Prochaine étape: Kolkatta!

