8 octobre 2007...9:26

la pointe de l’Iceberg

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Mes gougounes sont brisées. En cet ensoleillé samedi après-midi, après une petite sieste, j’ai décidé d’aller m’acheter de nouvelles flip-flop. Et j’ai réussi à pêter une coche, pour la première fois depuis mon arrivée (Gens de l’ACDI, rassurez-vous… je ne pense pas que ça ait quelque chose à voir avec l’iceberg…)

Je marchais dans la rue bondée de gens, à la recherche d’un bon deal lorsqu’un chien errant s’est mis en tête de me faire la peau. Sans raison apparente, le chien m’a suivi pendant trois longues – et interminables- minutes, branlant sa queue, grognant, jappant, hurlant.

Je me suis dit qu’il  n’aimait pas mon odeur, probablement différente de celle des autres. Il avait peut-être la rage. Bref, je n’en ai aucune idée. Comme je ne suis vraiment pas le meilleur ami des animaux, j’ai décidé de crisser le camp.

Je me suis mis à marcher plus vite, évidemment, tentant de distancer l’animal jusqu’à ce que je me rive le nez  au bouchon de circulation de la rue perpendiculaire à la mienne.

Les Indiens, je les aime. Presque tous. Sauf derrière un volant.

Lorsqu’ils sont bloqués et qu’ils n’arrivent plus à circuler, pour une raison ou une autre, ils klaxonnent. Et ils n’y vont pas de main morte.  Il n’est pas rare d’entendre quelqu’un appuyer sur son klaxon  pendant une vingtaine de secondes  en ligne. Imaginez le brouhaha d’un bouchon de circulation.

Là,  j’étais comme sur le bord de crier et pleurer, implorant je ne sais quelle force supérieure d’imposer le silence autour de moi. À ma droite, perdue entre un stand de jus d’ananas et de vendeur de pommes, il y a un genre de  boutique de chaussure. Je pénètre dans l’antre de la gougoune, espérant ainsi échapper aux tumultes des voitures et au chien, toujours derrière moi, aussi menaçant.

Protégée derrière leur montre, les centaines de flip-flop sont entassées les unes sur les autres dans une petite pièce. Je me retrouve donc au milieu des étalages, entouré de cinq vendeurs prêts à sortir des dizaines de boîtes de leur backstore.

C’est à ce moment que j’ai pêté ma coche. Le chien jappe encore. Le concours de klaxon m’exaspère… et je suis assailli de vendeurs, essayant de me vendre le calque d’un Diesel appelé Destin…  ou leur tout nouveau addiddas. Je me suis alors mis à leur parler en français pendant qu’eux, tout sourrire, continuait à me vendre leurs souliers en plastique.

Je suis sorti, sans gougounes. Fatigué. Et en criss. Heureusement pour le chien, il avait décidé de  se perdre dans le traffic.

7 commentaires

  • Tu es dans le plancher de ta courbe d’adaptation culturelle. Selon les statistiques, ça dure environ 1 semaine. T’es capable mon Gui!!!! ;)

  • Je te prendrais deux trois paires de Destin, je vais essayer de faire connaitre la marque à Lacolle.

  • Encore heureux que les employés du magasin ne te suivaient pas en branlant de la queue.

  • Bon, on avait réussi à garder un peu de classe jusqu’ici et il a fallu que Cayer fasse des siennes!

  • La bonne nouvelle là-dedans c’est que tu dois avoir vraiment bon caractère maintenant. Avant, tu aurais sans doute pu faire peur même à un chien enragé. Surtout le matin avant ton café quand ta coloc avait décidé de passer la balayeuse ;-) Lâche pas Dandu c’est un plaisir de te lire.

  • J’espère que les gougounes en question n’étaient pas tes belles beiges. Ça serait dommage….

  • suzanne & nicole

    Je reconnais bien là….la sensibilité auditive de la souche Vigeant….qui ne perdrait pas patience dans un tel vacarme!!

    Contentes de te lire…on t’embrasse


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