À la page 384 du Lonely planet India, il est écrit que Varanasi est l’une des villes les plus sacrées du sous-continent indien. Traversée par le Gange, l’agglomération de plus d’un million de personnes (une toute petite ville par ici…) accueille les pèlerins hindous depuis des siècles.
C’est que Varanasi est miraculeusement devenu le rendez-vous des mortels avec le nirvana. Au moment de leur décès, les hindous descendent au bucher pour se faire incinérer, devant famille et amis… sans les femmes toutefois. Celles-ci doivent rester à l’écart lorsqu’un de leur proche calcine sur le brûlot afin d’éviter les pleurs. Les larmes retiennent les âmes dans les limbes, voyez-vous. Donc mesdames, abstenez-vous d’assister à des funérailles à Varanasi. Et messieurs, come on… même à Montréal, ça ne se fait pas de pleurer après le décès d’un proche.
Anyway. Lorsqu’on est en Inde, selon mes nouveaux amis expat, il faut aller à Varanasi. Ce que j’ai fait la semaine dernière, comme de nombreux touristes perdus un peu à l’ouest de la frontière indo-népalaise.
J’ai fait un tour de bateau sur le Gange. Fait surprenant, j’ai appris que la limite maximale pour la baignade est de 500 bactéries de coliformes fécaux (coliformes fécaux = caca) par 100 ml d’eau. Le Gange contient, toujours selon le Lonely planet, près de 1,5 million de ces bactéries par 100 ml d’eau.
Pollué, mais sacré ce fleuve.
En vue de purifier leurs vils péchés, les hindous se lavent dans le cours d’eau à tous les jours. Ils se brossent les dents, se savonnent, prient. Pendant ce temps-là, moi, en touriste, j’ai pris des photos : un gars qui se gargarise avec l’eau du fleuve, des maisons multicolores, un Indien qui tente de me vendre subtilement des cossins de fleurs. Puis, sans m’y attendre, j’ai croisé une vache morte qui flottait à la surface de l’eau.
Un cadavre d’une tonne flottait dans le fleuve sacré. Et à quelques mètres de là, il y avait une dizaine d’hindous qui se lavaient les cheveux, question d’obtenir les faveurs du dieu Shiva, une des saintes trinités hindouistes.
C’est quand même incroyable ce qu’un Dieu peut faire faire…
4 commentaires
18 octobre 2007 à 5:48
merci pour le texte. J’y étais presque!
19 octobre 2007 à 3:12
Allô Guillaume,
Je suis toujours étonnée, oui je comprends que les valeurs sont complètement différentes des nôtres, mais reste quand même étonnée de constater qu’en 2007…ouf !
Est-ce que je t’ai déjà dit, cher fils, que tu avais une superbe plume ?
Prends bien soin de toi. Fais un tit peu attention aux microbes et bactéries.
TourlouXX
19 octobre 2007 à 4:05
Ouf guillaume !
Ce que tu peux faire travailler mon imagination pour quelques minutes !
J’adore ça et prends soin de toi, ça semble formidablement déroutant ton trip !
marie-pier
-xx..-
27 octobre 2007 à 10:43
Bon…
Tu vas penser que je veux faire comme tout le monde, mais j’allais vraiment dire la même chose: t’écris bien et c’est particulièrement agréable de voyager à travers ces lignes. De Montréal, merci pour la balade sur le fleuve!
Catherine