Après quatorze heures de train, à lire Arundhati Roy, essayer de comprendre ce que les Indiens me racontent et tuer les treize coquerelles qui se sont aventurées trop près de moi, nous sommes finalement arrivés à Gorakhpur. Situé à quelques kilomètres de la frontière indo-népalaise, la petite bourgade de trois millions d’habitants bourdonne d’agents de voyage qui essaient de soutirer le maximum de roupies de la poche des touristes.
Nous n’avions pas envie d’y rester plus longtemps.
Grâce à mon flair, nous avons déniché deux sièges dans un autobus local qui nous a mené directement à la frontière. Aucun Caucasien pendant trois heures jusqu’à ce qu’on arrive aux douanes népalaises.
Une fois les formalités frontalières terminées, nous sommes partis à la recherche d’un hôtel, restaurant, bières et billets pour Katmandou. Tout s’est déroulé sans encombre, ce qui m’a semblé extraordinaire. Nous avons même été capable de réserver une chambre à Katmandou pour un prix ridicule. Tout semblait fonctionner à merveille.
Le lendemain, après avoir attendu le conducteur une bonne heure, nous sommes finalement partis pour la capitale népalaise. Une heure après notre départ, alors que les speakers crachaient du gros hip-hop américain des années ‘90, l’autobus, toujours à moitié vide, s’arrête dans une station. Le conducteur qui parle anglais s’approche et nous explique que nous devons payer 200 Roupies Népalais de plus pour se rendre à Katmandou.
J’ai comme un peu pêté les plombs, ne comprenant pas pourquoi je devais payer une fois de plus mon billet. Et mon Népalais, avare d’explications, ne m’aidait pas du tout à saisir d’où provenait ses frais excessifs. J’ai donc dû me concentrer pour me calmer… encore. (Cheveux orange, cheveux orange, cheveux orange…)
Quelqu’un a finalement réussi à nous expliquer qu’une gang de Népalais faisaient la grève et bloquaient la route menant à Katmandou. Solidarité oblige, nous ne pouvions tout de même pas traverser le piquet de grève. Et, pour être honnête, je ne pense pas qu’on aurait pu de toute façon.
Nous ne voulions pas retourner dans l’autobus, on ne faisait pas confiance au chauffeur. Le conducteur nous a donc redonné une partie de notre argent.
Plantés au milieu de nulle part avec notre nouvel ami américain, à une demi-heure de la frontière, devant une route bloquée, nous avions comme envie d’ouvrir une couple de bières, là, sur place, au milieu de la station d’autobus. La réservation de notre chambre à Katmandou était perdue. On venait de se faire rouler par un agent de voyage. Personne ne semblait comprendre un seul mot d’anglais.
Et puis, comme par magie, un gentil Népalais (sont gentils les Népalais…) nous a offert d’aller à Pokhara: un voyage de 7 heures pour traverser une centaine de kilomètres dans un autobus qui tombe en ruine.
Comme les solutions se faisaient rares, on a acheté trois billets. Et ça a été génial.
Après quarante-cinq minutes assis dans sur des banquettes au tissu douteux, un des passagers nous a offert de terminer le trip sur le toit. Nous avons donc traversé une partie des Himalaya sur le toit de l’autobus. Le rêve.
J’en ai plein d’autres, mais comme la connexion Internet n’est pas tellement rapide…
Nous sommes arrivés à Pokhara hier soir. Et la ville est tout simplement magnifique. Bordées par les montagnes himalayennes, à deux pas d’un immense lac, la petite ville touristique est calme, donc vraiment différente de New Delhi.
Je pense que nous allons y rester un jour ou deux. Question de relaxer un petit peu et de profiter de l’air des montagnes.


4 commentaires
6 février 2008 à 3:02
Trés jolie votre voyage
6 février 2008 à 6:06
Guillaume!!!! Trop chouette. Merci pour les photos. Enfin du concret à me mettre sous la dent. Je sens l’excitation monter. Tout ça grâce à tes récits de voyage. Merci!
10 février 2008 à 4:08
Guillaume,
Je visite l’Inde et le Népal avec toi. Tes descriptions sont incroyables. Je t’imagine en train de respirer par le nez…et ça me fait beaucoup sourire. J’ai hâte de lire la suite.
Je t’embrasse xx
13 février 2008 à 6:32
Cheveux oranges, cheveux oranges…
Un quincagénaire qui t’aide à garder ton calme.Vraiment trop drôle cette anecdote!!
Catherine x